Au secour d'Anaïs - Sophie Martin

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Au secour d'Anaïs

Au secour d'Anaïs - Sophie Martin

Mettre une mosaïque dans ma salle de bains est une idée qui m’est venue pendant un déplacement professionnel. J’étais hébergée dans un hôtel magnifique et la faïence de la salle de bains était splendide. Des formes allongées étaient encadrées par du doré. Quand j’ai voulu mettre un tel carrelage, j’ai été étonnée de ne pas avoir beaucoup de choix. J’ai opté pour un décor avec de petits éclats nacrés. La forme dessinée est en étoile et son centre est marqué par une nacre en forme de losange. Une nouvelle lampe, posée sur un meuble à tiroirs où je range tous mes cosmétiques, une étagère en hauteur, pour les médicaments, et un miroir sans cadre, aux bords biseautés, compétèrent mon installation. Quand Anaïs est venue me voir, elle a été subjuguée par ces nouveautés. Ma sœur voulait me montrer des photos et un pamphlet pour une résidence Persaud Chestnut.

Notre mère est dans le bel âge, et elle a voulu que nous donnions nos avis sur ce type de résidence. Anaïs voulait aussi m’entretenir de son emploi. Elle a changé de travail et elle me posait des questions sur son organisation. Elle a reconnu qu’elle était si débordée qu’elle ne pouvait plus avoir quelques minutes pour elle. Son appartement était en désordre, elle n’avait pas trié ses papiers et ils s’entassaient sur son bureau, le nettoyage de sa cuisine n’était pas au mieux. Passer chez elle pour tout remettre en ordre s’imposait. Le samedi suivant, elle n’avait rien de prévu et nous nous sommes mises au nettoyage de fond en comble de son logement. Après plusieurs heures, plusieurs sacs remplis d’objets à jeter, plusieurs passages d’aspirateur, son lieu de vie avait une meilleure allure.

Je n’ai pas pu m’empêcher de regarder son réfrigérateur, puis je l’ai ouvert et vidé. Des restes de nourriture devaient être présents depuis au moins une semaine, une bouteille de lait de chèvre avait tourné, des yaourts étaient dépassés. Je n’ai rien jeté sans son accord. Une fois le réfrigérateur propre, le grand rangement était terminé. Mes cheveux et ma peau étaient recouverts de poussière, j’ai pris une douche et j’ai mis les vêtements de rechange que j’avais amenés. Ce sentiment de propreté me réveilla et toute ma fatigue s’envola. Devant un plat de lasagnes, nous avons discuté sans voir l’heure passer. Je suis restée pour dormir. Le lendemain matin, Anaïs était dans une forme éblouissante. Elle m’avoua n’avoir pas aussi bien dormi depuis au moins trois mois.