L'art du Feng Shui - Sophie Martin

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L'art du Feng Shui

L'art du Feng Shui - Sophie Martin

L’équilibre et l’harmonie que j’essayais de créer dans ma maison, étaient très importants à mes yeux. Ils me permettaient de vivre au quotidien dans un lieu serein, propice à la méditation. J’avais choisi une gamme de couleurs douces pour ma chambre à coucher. Un décorateur m’avait été conseillé. Il s’inspirait du feng shui pour réaliser des ambiances particulières. Ceux que je connaissais qui avaient fait appel à lui, étaient très satisfaits de ses services. J’avais pu sentir chez mes amies une grande affection pour l’homme et une grande admiration pour son travail. J’avais préparé en prévision de sa venue du thé japonais. Une boutique du centre de la ville en vendait, et, quand j’avais aperçu sur une étagère une boîte étiquetée « gyokuro », j’avais immédiatement sauté cette occasion de partager ce breuvage avec mon hôte.

Ma maison était située dans un quartier résidentiel où chacun avait un joli jardin. Le printemps était là, il embaumait les allées avec des floraisons de roses, de seringas, de juliennes. J’avais un cerisier à fleurs planté au milieu de ma pelouse. Les pétales en étaient tombés depuis longtemps, mais j’espérais créer une atmosphère qui éveillerait l’inspiration chez mon invité. Je savais qu’il me demanderait certainement de changer certains meubles dans ma maison, peut-être aussi la disposition des pièces, mais j’avais prévu le budget approprié. Ma planification financière personnelle était au mieux. J’avais, moi aussi, quelques idées d’aménagements. Des cloisons en papier de riz pour casser le trop grand volume du salon, des vases ornés de tiges de bambou et de pivoines, que j’avais trouvés dans une boutique d’antiquités. Je m’apprêtais à exposer au décorateur les changements que je voulais effectuer, me préparant mentalement, choisissant les mots que j’allais prononcer, quand il arriva. Il avait poussé le battant du portail en fer, et avançait avec lenteur.

Ses longs cheveux gris étaient attachés derrière sa tête en chignon. L’homme que je voyais devait avoir dans les quatre-vingts ans. Je ne m’attendais pas du tout à un âge aussi avancé. Je le saluais et lui avançais le fauteuil en rotin assorti de coussins confortables. Nous avons discuté à l’ombre de l’arbre quelque temps, puis il voulut visiter la maison. Il me prodigua des conseils avisés. J’écoutais le son clair de sa voix, je buvais ses paroles. Il expliquait chaque choix qu’il me proposait, insistait sur la présence de lumière à tel ou tel endroit. Je passais une journée où j’appris ce que sont vraiment le calme et la sérénité.