Les surprises des ventes de garages - Sophie Martin

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Les surprises des ventes de garages

Les surprises des ventes de garages - Sophie Martin

Une vente de garage avait lieu dans un quartier de la ville que je ne connaissais pas. C’était l’occasion idéale pour le découvrir. La journée promettait d’être chaude. Je notais sur un papier, laissé en évidence sur ma table de salon, que je devais effectuer en rentrant un test de qualité de l air. J’enfilais une chemise en tissu léger et un bermuda, beiges tous les deux, je me mis sur la tête un chapeau de paille agrémenté de fleurs en papier ; mes lunettes de soleil roses avec des strass complétaient ma tenue. Une pochette en cuir pendait à mon côté. J’étais prête pour la journée.

Les premiers exposants n’avaient que des vêtements pour les bébés. Mes petits-enfants ont passé cet âge depuis longtemps, je passais sans m’arrêter. Un peu plus loin, je vis un ancien secrétaire en bois de merisier. C’était assez rare d’en trouver et le motif sculpté m’intéressait. C’étaient des arabesques fleuries de roses, ma fleur préférée. Je l’acquis pour un prix très intéressant, après avoir marchandé avec le vendeur pendant au moins quinze minutes. Dix heures du matin s’affichèrent sur l’horloge d’une ancienne maison. La légende dit que personne ne l’a jamais remontée, que son inventeur a réussi à lui appliquer le mouvement perpétuel. C’est ce que m’a raconté une vieille dame qui vendait des tissages qu’elle avait réalisés. Elle était venue avec son métier à tisser pour expliquer le procéder de fabrication d’une écharpe. Je ne pus résister à la très belle qualité de laine qu’elle travaillait et je me pris une de ses créations, une cape noire à motifs marron.

Dans une ruelle que je découvris alors que je pensais avoir fait le tour de toutes les ventes de garages, une jeune femme vendait des robes, des jupes, des pantalons. Les tenues pour femme correspondaient à ma taille. Un tissu attira mon attention. C’était un kain javanais, une étoffe brodée d’or créée selon la technique du batik. J’étais allée sur une des îles de l’archipel indonésien, à Bali exactement. L’exotisme de ce lieu m’avait tant plu. Voir ce bout de tissu me transporta des années en arrière. Le séjour de trois semaines que j’avais passé là-bas était resté gravé dans ma mémoire. La marchande lisait. Je l’appelais et je débattis du prix qu’elle demandait. Cela fait partie du plaisir que j’ai à aller dans une vente de garage. Je repartis avec tous mes achats, mon porte-monnaie vide et mon coffre de voiture plein.